lundi 5 janvier 2009

Le DVD du dimanche soir: Nos meilleures années.

Alors voilà un film concept.

Quelques choses à savoir au préalable: J'ai pour fâcheuse habitude de faire des mauvais choix pour les dvds du dimanche soir. On se lance en général une thématique, qui s'avère très fréquemment ratée. Que ce soit le thème même, ou les films qui semblent y adhérer parfaitement.

Pourtant cette fois-ci, on pare au plus pressé et nous lançons dans les "choix stars" du dvd club. Sûrs de pas se tromper. A priori.

Voilà donc pour la scène d'exposition.

Trois imbéciles très en forme affalés sur un canapé. Prêts à avaler tout ce que Marco Tullio Giordanna a à nous offrir: une épopée.

"A la fin des 60s, deux frères d'une famille italienne partagent les mêmes rêves et les mêmes espoirs, jusqu'au jour où la rencontre avec Giorgia...". Pitch alléchant. Ou presque.

Voilà donc pour les 20 premières minutes du film. Qui passent tranquillement. Au fil de nos blagues vaseuses sur l'italianité et tout ce qu'elle entraîne.

Le silence se fait petit à petit, en voyant débarquer des personnages de plus en plus nombreux. Il faut quand même bien essayer de comprendre ce qui se passe.

La famille des deux frères est italienne. Soit. Les italiens sont visiblement nombreux dans leurs familles. Voilà un fait avéré à présent. On s'accroche.

La seconde heure entamée, on perd un peu de concentration, on s'égare, on se gausse de la robe de la grand mère ou de la petite fille de 7 ans qui est moche, quand même.

"Attends c'est Giulia ça?
-Ben non, c'est Sara.
-Mais elle avait 7 ans y'à 10 minutes.
-..."
Bim, on est perdu.
Re-concentration.

C'est compliqué. Puisqu'il ne se passe rien. Mais qu'il y a toujours autant de personnages. Qui avancent passivement dans leur petite vie...tranquille. Il est long ce fleuve là.

Fin de la troisième heure. Changement de dvd.

Sara n'a que 12 ans. Et visiblement, Marco Tullio Giordanna va nous promener jusqu'à son alzheimer.

Quatrième heure. Animation. Un cri d'admiration nous est arraché devant la longueur de la piscine familiale...-regards obliques de consternation-.. On tient le coup.

Mais on change de stratégie. Chacun de nous a son personnage préféré. On se permet donc des activités annexes lorsque le scénario s'occupe du destin de ceux dont on a oublié le nom.
On laisse donc Bobino choisir avec délectation la variété de roses qu'il plantera pour les 40 ans de Giordanna. Et on reprend le fil dès qu'on récupère nos petits chouchous.
Il faut donc voir cette série-film à plusieurs.

Cinquième heure, Sara fait sa puberté. Sans crise. La petite ch... elle aurait pu faire un effort. Là, c'est long. On se motive mutuellement en changeant de position pour la 8ème fois.

Sixième heure...Je touche le fond. Mais on est arrivé jusque là, on va pas tout planter si près du but. D'autant que Sara se fait goulument galocher par un jeune homme. Moche au demeurant. Mais y'à de l'action. Pourtant mon lecteur dvd n'a jamais été si proche du grand plongeon depuis le 6ème étage.

Fin de la sixième heure. Sara annonce son mariage. Avec le moche bien sûr. Fin du film.
On fête un peu notre arrivée du Vendée Globe à nous.

Ce film est sans surprise, vous l'aurez compris. Genre...aucune! Je ne vous ai rien gâché en vous annonçant le mariage de Sara. Prévisible dès la 254ème minute du film.

Des personnages normaux. Même pas une petite schizophrénie post-perte de la madre ou une légère paranoïa des pizzas.
Juste une sorte de portrait lentissime d'une famille comme on en a tous. Et dont on partagerait bien un repas du dimanche pour leur hurler dessus en leur demandant de prendre une décision tranchante, pour une fois.
Et le vieillissement des personnages est plutôt mal fait, pour ne rien gâcher. Des cheveux gris mais une peau lisse de bébé, ça ne fonctionne pas.

En lisant les critiques, après bien sûr, il semble que ce road movie de la vie plaise, pourtant.

Alors si vous êtes en manque de famille en cette période post-fêtes de fin d'année, plongez vous avec délice dans 6 heures de lente agonie.

Sinon, refaîtes vous la version longue du Grand Bleu. Vous serez de toutes façons plus en haleine, même en l'ayant vu 24 fois et en en connaissant la mort somptueuse de J-M.

Nos meilleures années, certes. Mais TOUTES les meilleures années, était-ce vraiment indispensable?

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